| « Le RESO partage les impératifs de sécurité publique, de fiabilité du réseau de transport et de capacité budgétaire du gouvernement. Cependant, nous déplorons que le gouvernement ne saisisse pas l'opportunité de poser un geste audacieux en faveur d'une autre vision du transport métropolitain, davantage axée sur le transport collectif et sur une intégration urbaine plus harmonieuse et consensuelle », a ajouté M. Paquette. La communauté du Sud-Ouest reconnaît et accepte le fait que l'échangeur Turcot doit passer sur son territoire. En contrepartie, les gens du Sud-Ouest espéraient un projet qui se serait donné comme premier objectif de réduire les risques et les dangers qu'il leur fait subir depuis plus de 40 ans et qui contribuerait aux efforts de revitalisation amorcés depuis les 25 dernières années. « Tout le monde est conscient qu'il y a urgence d'agir, mais nous sommes extrêmement choqués de constater que dans sa forme proposée, l'échangeur Turcot risque de générer des impacts encore plus dommageables que dans sa forme actuelle », a soutenu Pierre Morrissette, directeur général du RESO. La nouvelle version du projet Turcot ne répond à aucune des préoccupations ou des attentes exprimées par le RESO et par plus de 80% des individus et des organismes qui se sont exprimés devant le BAPE. Le projet révisé propose plus de circulation automobile, donc potentiellement plus de dommage à la santé publique, plus d'emprises au sol et d'obstacles infranchissables pour les résidants, plus de contraintes à la fluidité du transport des marchandises, et à plus ou moins court terme, plus de congestion et de perte de temps pour les personnes et pour les entreprises. À l'instar d'autres intervenants, le RESO s'interroge sur ce qui a fait passer le coût du projet de 1,5 à 3 milliards de dollars, sans une amélioration significative de son intégration dans le tissu urbain, économique et social du Sud-Ouest et de Montréal. « Il est difficile de croire qu'avec une pareille somme, il ne soit pas possible de concevoir un ouvrage qui s'inscrive dans une vision d'avenir du transport métropolitain plutôt que de reproduire un modèle qui nous mène tout droit vers la catastrophe », a poursuivi M. Morrissette. Avec quelque 4 milliards de dollars d'investissement en transport dans le territoire - incluant le projet de navette ferroviaire entre l'aéroport et le centre-ville qui coûtera environ 1 milliard de dollars - n'y a-t-il pas moyen de se donner une vision mieux intégrée du déplacement des personnes et des marchandises? C'est dans cet esprit que le RESO offre toute sa collaboration au MTQ et à la Ville de Montréal. Le RESO a accepté de participer au comité de vigilance mis sur pied par une dizaine d'organismes regroupés autour du Conseil régional de l'environnement de Montréal. Par cette participation, le RESO souhaite collaborer aux échanges entre la société civile et les principaux intervenants publics dans ce dossier et offrir le cas échéant son expertise sur les enjeux qui touchent plus directement son territoire. Il souhaite également coordonner ses interventions avec l'Arrondissement du Sud-Ouest, qui aura à assumer une bonne part des conséquences négatives de ce mégachantier sur la qualité de vie des citoyens et sur sa capacité à maintenir des services de proximité de qualité à la population.
|