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Économie sociale

Dans le Sud-Ouest, l’économie sociale s’est d’abord développée dans les domaines étroitement reliés au développement de la main-d’œuvre : entreprises d’insertion socioprofessionnelle, habitation communautaire, formation de base, alimentation et restauration populaire, services de garde, aide domestique. Depuis quelques années, le Sud-Ouest affiche son leadership en économie sociale dans le développement de nouveaux secteurs d’activités économiques comme le tourisme, les activités culturelles et certaines activités commerciales : services aux visiteurs, restauration, hébergement, etc. De nouvelles entreprises sociales voient aussi le jour dans le secteur de l’environnement, de la récupération et du recyclage : ressourceries textiles, commerce équitable, etc.

Une multitude de services

Appuyée sur une démarche continue de concertation avec tous les partenaires locaux et régionaux de la relance, cette orientation cherche à traduire en projets concrets d’entreprises la volonté du milieu de se prendre en charge et d’exercer une prise sur son développement socioéconomique.

Par le développement d’entreprises d’économie sociale dans tous les secteurs d’activités significatifs pour la communauté, le RESO veut contribuer à l’enracinement d’un renouveau économique respectueux des préoccupations et des aspirations de la population du Sud-Ouest, dans une perspective de développement durable.

Qu’est-ce que l’économie sociale?

L’économie sociale réfère à un ensemble d’activités issues de l’entrepreneuriat collectif qui respectent les principes suivants :

  • la finalité de services aux membres (travailleurs et/ou consommateurs) ou à la collectivité;
  • l’autonomie de gestion par rapport à l’État;
  • un processus de décision démocratique.
  • la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des surplus et des revenus ;
  • la participation, la prise en charge et la responsabilité individuelles et collectives.

L’économie sociale s’incarne dans des projets d’entreprises visant des finalités économiques et des finalités sociales. L’entreprise d’économie sociale produit des biens ou des services d’utilité sociale contribuant à une augmentation nette de la richesse collective. Cependant, plutôt que la rentabilité purement financière, elle vise davantage la rentabilité sociale de ses activités de production.

La rentabilité sociale s’évalue notamment, comme dans le cas du secteur public ou du secteur privé, par le nombre d’emplois créés, mais aussi, par :

  • la contribution au développement démocratique;
  • le soutien d’une citoyenneté active;
  • la promotion de valeurs et d’initiatives de prise en charge individuelle et collective.

La rentabilité sociale contribue à l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être de la population en offrant un plus grand nombre de services et en augmentant le nombre d’emplois créés.

Les projets et les entreprises d’économie sociale doivent toutefois être rentables économiquement. Leur rentabilité économique repose principalement sur les revenus autonomes issus des activités marchandes auprès de consommateurs privés ou publics.

Une aide gouvernementale, ponctuelle ou récurrente, peut être nécessaire puisque ces entreprises et projets utiles pour la collectivité interviennent souvent dans des activités moins rentables ou caractérisées par un marché restreint ou insuffisant. Le Chantier de l’économie sociale travaille à favoriser l’émergence, le développement et la consolidation des entreprises d’économie sociale au Québec. Le Comité d’économie sociale de l’île de Montréal poursuit également cet objectif à Montréal.

L’économie sociale dans le Sud-Ouest

Au printemps 2002, l’arrondissement du Sud-Ouest comptait près de 45 entreprises et projets d’économie sociale. Afin d’en établir un portrait le plus précis possible, nous avons effectué un sondage auprès de la totalité de ces derniers. Parmi les 45 organismes sondés, 32 ont répondu à ce sondage pour un taux de réponse très satisfaisant de 71%.

La diversité des entreprises d’économie sociale est grande dans le Sud-Ouest de Montréal. Ainsi, parmi les 32 entreprises ayant participé à notre enquête, nous retrouvons entre autres 12 centres de la petite enfance (CPE), 4 entreprises dans le secteur des loisirs et du récréotourisme, 3 établissements dans le domaine de l’habitation, le reste s’inscrivant dans de nombreux autres secteurs d’activité (voir tableau ).

Les secteurs d’activité répertoriés dans l’enquête
(32 répondants)

Secteur d’activité
Nombre d’entreprises
  • Petite enfance
12
  • Loisirs, récréotourisme
4
  • Habitation
3
  • Alimentation
3
  • Environnement et recyclage
2
  • Consommation
2
  • Éducation populaire, alphabétisation
2
  • Art et culture
2
  • Aide domestique
1
  • Santé communautaire
1
  • Famille
1
  • Manufacturier
1
  • TOTAL
32
Source : enquête MCE Conseils, mai 2002

La structure juridique est homogène et nous comptons à ce titre 30 organismes à but non lucratif et seulement 2 coopératives (une coopérative d’usagers et une coopérative de travail). Ces statuts légaux découlent directement des convictions des promoteurs et chaque entreprise a opté pour la structure correspondant le mieux aux idées de ces derniers.

Secteurs prioritaires en 2007-2010

En ce qui concerne le développement économique, quatre secteurs d’activité ont été retenus prioritairement pour l’économie sociale dans le cadre du Plan d’action local pour l’économie et l’emploi 2007-2010 (PALÉE) :

  • services de soutien aux personnes;
  • récréotourisme;
  • culture;
  • environnement.

Ces secteurs d’activités prioritaires s’inscrivent d’une part en continuité avec les services offerts traditionnellement par les organismes et entreprises communautaires – services de garde et services à la famille, services de formation, d’insertion socioprofessionnelle et d’éducation, services aux jeunes et aux aînés - et d’autre part dans les occasions de développement liés à de nouveaux potentiels (canal de Lachine, arrivée de nouveaux résidants, développement de grands sites désaffectés, CUSM, etc.) et dans une nouvelle conjoncture administrative et politique (organisation municipale locale, réorganisation du développement local et régional, réorganisation des services de santé). Bien évidemment, ces orientations sectorielles ne sont pas mutuellement exclusives et peuvent se recouper dans le contexte de projets spécifiques.

Maintien, consolidation et création d’emplois

L'une des principales raisons d’être du RESO est de favoriser et de promouvoir la création et le maintien d’emplois durables et de qualité, prioritairement pour la population du Sud-Ouest. À ce chapitre, les secteurs communautaire et de l’économie sociale se distinguent puisque les emplois de ces secteurs sont occupés dans une proportion plus élevée par des résidants du Sud-Ouest comparativement à l’ensemble des secteurs d’emplois. En effet, la proportion d’emplois des secteurs communautaires et de l’économie sociale occupés par des résidants du Sud-Ouest est d’environ 50%, alors qu’elle est d’environ 16% pour l’ensemble des secteurs d’activité.

Soutien au démarrage de projet

Chaque année, le RESO reçoit des dizaines de demandes d’information concernant le démarrage de projets d’entreprises collectives. Toutes ces demandes sont traitées et évaluées. Cependant, seules les demandes qui correspondent aux balises de la Politique d’investissement en économie sociale adoptée par le conseil d’administration du RESO en 2004 font l’objet d’un soutien au démarrage en bonne et due forme. Le soutien au prédémarrage et au démarrage de projets d’entreprises collectives peut s’étaler sur une période de une à quatre années.

Soutien à la consolidation, au redressement ou à la restructuration

Depuis 1997, grâce aux ressources financières et techniques mises en place par le gouvernement du Québec dans la foulée du Sommet socioéconomique de 1996, une quarantaine d’entreprises d’économie sociale ont été démarrées ou consolidées dans l’arrondissement du Sud-Ouest  dans une multitude de secteurs d’activités. Il faut compter également quelque 100 organismes communautaires qui offrent une variété de services à la population et qui font partie de la grande famille de l’entrepreneuriat collectif.

Indépendamment de leurs secteurs d’activité, plusieurs de ces entreprises entrent ou sont entrées dans un nouveau cycle de développement et font face soit à des difficultés financières et ont besoin de redressement, de relance ou de restructuration, soit à des défis ou opportunités d’expansion et de développement et ont besoin de se repositionner ou de se renouveler. Dans les deux cas, ces entreprises ont besoin d’aide à la consolidation, à la restructuration ou au redressement.

Financement : Fonds d’économie sociale du Sud-Ouest (FESSO)

Le Fonds d’économie sociale du Sud-Ouest (FESSO) vise à soutenir les entreprises et les projets d’économie sociale par le biais d’une aide financière au démarrage, à la consolidation, à l’expansion et à la promotion. Le FESSO est régi par une politique d’investissement adoptée le 16 novembre 2004 par le conseil d’administration du RESO. La politique d’investissement vise à :

  • déterminer un cadre et un processus d’allocation de fonds équitables et clairs pour les promoteurs et les entreprises;
  • permettre la souplesse nécessaire pour répondre aux besoins des projets et des entreprises;
  • maximiser l’effet de levier du Fonds pour le développement de biens et de services répondant aux besoins de la collectivité du Sud-Ouest.

Dans la réalisation de son mandat de soutien à l’économie sociale, le RESO privilégie une approche d’accompagnement des promoteurs qui s’inscrit dans une perspective de développement de projet et de développement des compétences.

Pour des détails sur le FESSO, cliquez ici.

D’autres fonds d’investissement sont accessibles aux entreprises d’économie sociale :
Le Réseau d’investissement social du Québec
La Caisse d’économie solidaire
Investissement Québec
Fonds de capital patient du Chantier de l’économie sociale


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